Monologue de la fourmi Pareille-3
Pibales du port de Saint-Pardon de Vayres
sur le port de Saint-Pardon
et sa cale sans bateaux
bouge un peu, couverte d'eau.
Des pibales transparentes
font la fête là-dedans,
contentes d'avoir quitté
le grand océan salé,
si amer à avaler.
"Dordogne d'or !",
disent-elles,
"Dordogne de caramel,
chocolat, café au lait !À la pelle on te boirait,
https://poemes-violeta.blogspot.com
Les pibales (civelles) sont des anguilles juvéniles.
Grand-Mère Loup
La voilà la Grand-mère Loup
à l'entrée de sa tanière.
Elle flaire l'air, les nuages,
les animaux de passage...
Rouges-gorges repartis
dans la grange à bestiaux,
fourmis en catimini,
canards à la queue leu leu
volant en triangle, là-haut...
Ah cette fois plus de doutes,
l'hiver blanc s'est mis en route.
Très bientôt il sera là,
chargé d'empreintes de pas...
Des proies à suivre partout !...
Dame Pie et l'étourneau
Du rempart de la tourelle
Dame Pie guette le ciel.
"C'est quoi, cet oiseau au loin ?
Un étourneau sous la pluie,
cherchant en vain le chemin
d'air bleu qui mène à son nid..."
— Où t'en vas-tu, étourneau ?
Descends te mettre à l'abri !
Prends paille, charpie, brindilles
et plumetis et chiffons,
fais-toi un bon édredon !
— Paille et brindilles pour moi
et chiffons et édredon ?...
Sainte vous êtes, pardi,
très noble dame la Pie !
Le dromadaire guide
Pour mieux te voir, ma fontaine,
je marche les yeux mi-clos,
mes rêves sont des lichens
posés au bord de ton eau.
Source de paix, si lointaine,
je suivrai tes reflets verts,
eux seuls délivrent mon cœur
de la chaleur du désert.
Foto http://blogfr.acacia-adventure.com/histoires/670-2/
Ces scies-ci
Ces scies-ci scient cent cyprès,
cent cyprès de soixante ans,
elles les scient à belles dents,
sans regrets:
" Vran, vran, vran... ", plus de bosquet.
Le voilà prêt à rouler,
" Vron, vron, vron... ", le gros camion
chargé de cent troncs coupés
qui pèsent six mil années.
Pour mieux connaître les cyprès:
http://lagunesgarrigue.canalblog.com/archives/2016/01/29/31645157.html
La Cendrée
Jean-Charles de Charchigné,
un chasseur sachant chasser,
s'il va chasser sans son chien,
c'est sûr qu'il chasse moins bien...
Mais il chasse tout de même
quelques lapins de garenne,
tandis que chez lui son chien,
resté seul, ne chasse rien.
Son chien est une femelle,
on l'appelle la Cendrée,
elle a eu six beaux chiots
qui sont dans un grand panier.
Elle ne sort plus, la Cendrée.
Elle est aux anges, elle prend son
congé de maternité.
Charchigné
Le renardeau et la lune
— Lune des prés et des mares, coucou !
C’est encore moi, le renard !
— Tu ressembles à un petit guépard ce soir.
Tu n’es pas un petit guépard ?
— Non, Dame Lune des mares !
— Ça alors, tu es tout pareil...
— Non, je suis plus menu et plus fûté !
-- Donc, si tu n’es pas un guépard...
serais-tu par hasard un jaguar ?
— Non, Dame Lune des mares,
je ne suis point un jaguar, je suis un renard !
— Pourtant tu as le pelage moucheté...
À moins que ce soit les reflets des branchages.
— C’est les reflets des branchages,
Dame Lune des prés ! J’ai un joli pelage roux
tout doux, pas du tout moucheté !
— Dommage... Si tu avais le poil moucheté,
tu pourrais être un guépard ou même un jaguar...
— Dame Lune, je ne veux pas ressembler
à ces mochetés de guépards et jaguars !...
Je suis un renard, moi !!
— C’est bon, ne crie pas comme ça.
Là, je vois bien que tu n’es pas un jaguar
ni un guépard. Eux ils sont bien élevés.
Tu ne voudrais pas aller au lit, toi aussi ?
— Si. À demain, Dame Lune.
— À demain, petit renard.
Je m’en vais compter mes prés
et mes mares.
Cette histoire quand on la raconte devient un peu plus longue. Écoute donc...
Tête de Linotte
En été Tête de Linotte
se chauffe son joli nez
avec un long cache-nez
qui lui descend jusqu'aux pieds.
Mais en hiver sa vie change !
En hiver Tête de Linotte
vole partout comme un ange,
vêtue d’une petite culotte
brésilienne jaune et verte
et d’un coquet petit gilet
en poil d’âne chauve
qui serait presque violet
s’il était mauve.
La plage fluviale
Le fleuve du soir charrie
un tas de roseaux gluants
qui vont ensemble en radeau
se jeter dans l'océan :
"Salut rivage, on te quitte !"
Puis en passant par la plage,
ils s'aggripent, ils tournent en rond,
ils hésitent.
Les raisins hyper-pourris (chanson pour des dessins animés)
sont exquis,
ils sont givrés, ils ont gelé
pendant la nuit.
— Nous les souris on en fait
du sorbet à petit prix
pour nos amis !
— Nous les mulots on en fait
des litres de vieux porto
pour l’apéro !
des galettes au roquefort
qui puent très fort !
— Nous les tortues on en fait
du sirop bon pour la toux,
c’est le siroup !
Les raisins hyper-pourris
ils sont givrés, ils ont gelé
pendant la nuit.
Morse sur la banquise
Morse ne sait pas le morse.
Ah si le morse il savait,
en morse il appelerait
Miss Morse Beau-Rivage,
lui passerait ce message:
"Morse mâle, solitaire,
orphelin de père et de mère,
a besoin d'une compagne
qui à la nage le rejoigne !"
Le chardon de l'embouchure
Direction soleil couchant,
le chardon sec va vogant,
piquants dehors, fort hardi,
laissant l'eau noire griffée
se tordre derrière lui.
Passée le dernier tournant,
hélas, les choses se compliquent.
Sali de pailles, de déchets,
il freine en cercle, il hésite...
Plus de couchant, pas de fuite :
devant lui il n'y a que la Nuit,
la grande chèvre atlantique.
Fleuve Mondego
Mondego
Pour lui, les charbons, les cendres,
les rats noyés, les oranges,
sont des cadeux somptueux,
des offrandes.
Oubliés les incendies,
il veut couler en repos,
des échardes de lumière
dans le dos.
"Laisse-toi faire, laisse-toi faire...
Laisse donc toi faire, oh ...",
dit le clapotis de l'eau.
La chienne Frenchie au jardin
"-- Ouais... ouais... ouais..."
Le caméléon déménage
du plus beau jaune, c'est moi
Je descends!
C'est le printemps!
Je foule le gravier rouge.
J'en rougis de joie: je bouge!
Faut pas trop en faire, quand-même...
Point de galop, point d' extrêmes...
j'en oublie même mes vertiges.
Je monte, glisse, remonte,
je me risque à des voltiges
et puis enfin me repose...
tout vert dans le matin rose !
Le chat au poil hérissé
Le chat se pencha sur la
margelle du puits et vit
dans les éclats de l'eau sombre
ses neuf vies réfléchies.
L’ oiseau Touloublih
Pile à l'heure du goûter
– Toc, toc, toc !
Il y a un phoque,
un phoque sur mon palier.
Je le vois par l'oeilleton.
– Toc, toc, toc ! Pom, pom, pom!
C’est bien un phoque,
un phoque fort essoufflé.
Il a grimpé toutes les marches
de l’escalier.
– Pom, pom, pom ! Toc, toc, toc !..
– J’arrive, monsieur le phoque !
Bonjour ! S’il vous plaît, entrez !
Puis-je vous offrir une tasse
de thé chaud à la mélasse ?
– Très volontiers.
– Toc, toc, toc !
Ça alors... Un autre phoque
posé sur le paillasson.
Je le vois par l’oeilleton.
– Pom, pom, pom !... Toc, toc, toc !
C’est bien un phoque,
un phoque fort essoufflé.
Il a grimpé toutes les marches
de l’escalier.
– Pom, pom, pom ! Toc, toc, toc !..
– J’arrive, monsieur le phoque !
Bonjour ! S’il vous plaît, entrez !
Puis-je vous offrir une tasse
de thé chaud à la mélasse?
–Vous n'auriez pas du café
à la place ?...
Un bon café bien glacé ?
Du thé chaud à la mélasse
quand je suis si éssouflé,
désolé, mais je m'en passe.








