Pibales du port de Saint-Pardon de Vayres

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
Ce matin il pleut encore

sur le port de Saint-Pardon

et sa cale sans bateaux

bouge un peu, couverte d'eau.

Des pibales transparentes 

font la fête là-dedans,

contentes d'avoir quitté 

le grand océan salé, 

si amer à avaler.

"Dordogne d'or !", 

disent-elles,

"Dordogne de caramel,

chocolat, café au lait !

À la pelle on te boirait,

si ça se pouvait !"
 
 
Violeta FIGUEIREDO

https://poemes-violeta.blogspot.com


 






 

 

Les pibales (civelles) sont des anguilles juvéniles.

 


Grand-Mère Loup

La voilà la Grand-mère Loup

à l'entrée de sa tanière.

Elle flaire l'air, les nuages,

les animaux de passage...

Rouges-gorges repartis

dans la grange à bestiaux,

fourmis en catimini,

canards à la queue leu leu

volant en triangle, là-haut... 

Ah cette fois plus de doutes,

l'hiver blanc s'est mis en route.

Très bientôt il sera là,

chargé d'empreintes de pas...

Des proies à suivre partout !...

La belle saison des loups !


 


 

Dame Pie et l'étourneau

Du rempart de la tourelle

Dame Pie guette le ciel.

"C'est quoi, cet oiseau au loin ?

Un étourneau sous la pluie,

cherchant en vain le chemin

d'air bleu qui mène à son nid..."

Où t'en vas-tu, étourneau ?

Descends te mettre à l'abri !

Prends paille, charpie, brindilles

et plumetis et chiffons,

fais-toi un bon édredon !

Paille et brindilles pour moi

et chiffons et édredon ?...

Sainte vous êtes, pardi,

très noble dame la Pie !

Le dromadaire guide

Pour mieux te voir, ma fontaine,

je marche les yeux mi-clos,

mes rêves sont des lichens

posés au bord de ton eau.


Source de paix, si lointaine,

je suivrai tes reflets verts, 

eux seuls délivrent mon cœur

de la chaleur du désert.









Foto http://blogfr.acacia-adventure.com/histoires/670-2/

Ces scies-ci

Ces scies-ci scient cent cyprès,

cent  cyprès de soixante ans,

elles les scient à belles dents,

sans regrets:

" Vran, vran, vran... ", plus de bosquet. 

 

Le voilà prêt à rouler,

" Vron, vron, vron... ",  le gros camion

chargé de cent troncs coupés

qui pèsent six mil années.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour mieux connaître les cyprès:

http://lagunesgarrigue.canalblog.com/archives/2016/01/29/31645157.html





La Cendrée

Jean-Charles de Charchigné,

un chasseur sachant chasser,

s'il va chasser sans son chien,

c'est sûr qu'il chasse moins bien...

Mais il chasse tout de même

quelques lapins de garenne,

tandis que chez lui son chien,

resté seul, ne chasse rien.

 

Son chien est une femelle,

on l'appelle la Cendrée,

elle a eu six beaux chiots

qui sont dans un grand panier.

Elle ne sort plus, la Cendrée.

Elle est aux anges, elle prend son

congé de maternité.


 






Charchigné


Le renardeau et la lune

  Lune des prés et des mares, coucou ! 

C’est encore moi, le renard !

Tu ressembles à un petit guépard ce soir.

Tu n’es pas un petit guépard ?

Non, Dame Lune des mares !

Ça alors, tu es tout pareil...

Non, je suis plus menu et plus fûté !

-- Donc, si tu n’es pas un guépard...

serais-tu par hasard un jaguar ?

Non, Dame Lune des mares,

je ne suis point un jaguar, je suis un renard !

Pourtant tu as le pelage moucheté...

À moins que ce soit les reflets des branchages.

C’est les reflets des branchages,

Dame Lune des prés ! J’ai un joli pelage roux 

tout doux, pas du tout moucheté !

Dommage... Si tu avais le poil moucheté,

tu pourrais être un guépard ou même un jaguar...

Dame Lune, je ne veux pas ressembler

à ces mochetés de guépards et jaguars !...

Je suis un renard, moi !!

C’est bon, ne crie pas comme ça.

Là, je vois bien que tu n’es pas un jaguar

ni un guépard. Eux ils sont bien élevés.

Et puis à cette heure-ci ils sont déjà au lit.

Tu ne voudrais pas aller au lit, toi aussi ?

Si. À demain, Dame Lune.

À demain, petit renard. 

Je m’en vais compter mes prés 

et mes mares.

 

Cette histoire quand on la raconte devient un peu plus longue. Écoute donc...


Tête de Linotte

En été Tête de Linotte

se chauffe son joli nez

avec un long cache-nez

qui lui descend jusqu'aux pieds.

Mais en hiver sa vie change !

En hiver Tête de Linotte

vole partout comme un ange,

vêtue d’une petite culotte

brésilienne jaune et verte

et d’un coquet petit gilet

en poil d’âne chauve

qui serait presque violet

s’il était mauve.

La plage fluviale

Le fleuve du soir charrie

un tas de roseaux gluants

qui vont ensemble en radeau

se jeter dans l'océan : 

"Salut rivage, on te quitte !"

Puis en passant par la plage,

ils s'aggripent, ils tournent en rond,

ils hésitent.

Les raisins hyper-pourris (chanson pour des dessins animés)

Les raisins hyper-pourris
sont exquis,
ils sont givrés, ils ont gelé
pendant la nuit.

Nous les souris on en fait
du sorbet à petit prix
pour nos amis !

Nous les mulots on en fait
des litres de vieux porto
pour l’apéro !
 
Nous les belettes on en fait
des galettes au roquefort
qui puent très fort !
 
Nous les tortues on en fait
du sirop bon pour la toux,
c’est le siroup !

Les raisins hyper-pourris 
sont exquis,
ils sont givrés, ils ont gelé
pendant la nuit.



Morse sur la banquise

Morse ne sait pas le morse.

Ah si le morse il savait,

en morse il appelerait

Miss Morse Beau-Rivage,

lui passerait ce message:

"Morse mâle, solitaire,

orphelin de père et de mère,

a besoin d'une compagne

qui à la nage le rejoigne !"


 





Le chardon de l'embouchure


Direction soleil couchant,

le chardon sec va vogant,

piquants dehors, fort hardi,

laissant l'eau noire griffée

se tordre derrière lui.


Passée le dernier tournant, 

hélas, les choses se compliquent.

Sali de pailles, de déchets,

il freine en cercle, il hésite... 

Plus de couchant, pas de fuite : 

devant lui il n'y a que la Nuit,

la grande chèvre atlantique. 


Fleuve Mondego


Mondego

 

Pour lui, les charbons, les cendres,

les rats noyés, les oranges,

sont des cadeux somptueux, 

des offrandes.

 

Oubliés les incendies,

 il veut couler en repos,

des échardes de lumière

dans le dos. 

 


 

"Laisse-toi faire, laisse-toi faire...

 

Laisse donc toi faire, oh ...",

dit le clapotis de l'eau.

La chienne Frenchie au jardin

Pendant que tu lis, Jimmy, 
j'arrose de fils de bave le sable. 
Ça fait déjà une rigole, 
les feuilles sèches s'y collent... 
Quelle bave de qualité ! 
On pourrait coller avec  
des statues grecques cassées, 
et là j'aurais des entrées
gratuites dans les musées. 
Et toi tu en aurais aussi, 
mon Jimmy,  
je sais que tu aimes les musées !

"-- Ouais... ouais... ouais..."

Quoi, maintenant tu téléphones ? 
Tu téléphones à qui? 
Regarde-moi donc, Jimmy, 
j'attends que tu me souries, 
me dises des choses gentilles, 
 genre "Ah la vilaine chienne, 
ah la baveuse..." 
Ça ne fait rien, j'attendrai, 
je ne suis pas malheureuse, 
j'ai ma bave pour m'occuper. 
 
Ah mon Jimmy, mon Jimmy, 
il est midi et d'ici 
jusqu'au soir tout l'impossible 
est possible !
 


Le caméléon déménage

La merveille que voilà,
du plus beau jaune, c'est moi
au bout de la branche du
mimosa.

Je descends! C'est le printemps!
Je foule le gravier rouge.
J'en rougis de joie: je bouge!

Faut pas trop en faire, quand-même...
Point de galop, point d' extrêmes...    

Regardez donc, chers amis: 
ce pin pignon beau, exquis, 
c’est ma nouvelle maison ! 
J’entame son escalade, 
maquillé de vert-marron
et d’une touche de gris.
 
Chut... Un chat en promenade  
qui passe traînant la queue, 
comme un tigre silencieux...
 
Et moi, si bien embusqué,
je l'ai trompé, quelle prouesse !
J'en oublie ma faiblesse,
j'en oublie même mes vertiges.
Je monte, glisse, remonte,
je me risque à des voltiges
et puis enfin me repose...
Suis-je bien sur mon beau pin,
tout vert dans le matin rose !

 

 

 

 

Le chat au poil hérissé

Le chat se pencha sur la

margelle du puits et vit

dans les éclats de l'eau sombre

ses neuf vies réfléchies. 

                                                           

 

L’ oiseau Touloublih

Voici l’oiseau Touloublih :
debout sur une seule patte, 
jamais ses poux il ne gratte. 
Mange-t-il ? Peut-être pas. 
Les graines dans la mangeoire
et l’eau dans la grande jatte 
brillent, brillent... Il les oublie. 
Il oublie tout, Touloublih. 
Sur ses doigts des fourmis passent, 
puis s’en vont sans qu’il les chasse. 

Quand il dort, droit comme un if,
à son réveil il me fixe 
dans les yeus: Ah là, là,
ah là, là, tu es encore là,
espèce d'oiseau oisif ?... »
 

 

Pile à l'heure du goûter

– Toc, toc, toc ! 

Il y a un phoque, 

un phoque sur mon palier.  

Je le vois par l'oeilleton.

– Toc, toc, toc ! Pom, pom, pom!

C’est bien un phoque, 

un phoque fort essoufflé.

Il a grimpé toutes les marches 

de l’escalier.

– Pom, pom, pom ! Toc, toc, toc !..

– J’arrive, monsieur le phoque !

Bonjour ! S’il vous plaît, entrez ! 

Puis-je vous offrir une tasse

de thé chaud à la mélasse ?

– Très volontiers.

Toc, toc, toc !

Ça alors... Un autre phoque

posé sur le paillasson.

Je le vois par l’oeilleton.

– Pom, pom, pom !... Toc, toc, toc ! 

C’est bien un phoque, 

un phoque fort essoufflé.

Il a grimpé toutes les marches 

de l’escalier.

– Pom, pom, pom ! Toc, toc, toc !..

– J’arrive, monsieur le phoque !

Bonjour ! S’il vous plaît, entrez !

Puis-je vous offrir une tasse

de thé chaud à la mélasse?

–Vous n'auriez pas du café

à la place ?... 

Un bon café bien glacé ?

Du thé chaud à la mélasse

quand je suis si éssouflé,

désolé, mais je m'en passe.